Hala Najmeddine, Directrice de la Recherche et Docteure en Intelligence Artificielle chez Active Asset Allocation : de l’IA pour l’énergie à l’IA pour la finance
Hala Najmeddine, docteure en intelligence artificielle, a partagé lors de notre entretien son parcours atypique et sa vision sur l’application de l’IA à la finance au sein d’Active Asset Allocation. Elle sera présente lors de notre événement, « La journée de la femme digitale » organisée par MWF Institute et Monacotech.
Nous avons eu l’opportunité de l’interviewer pour AAA, avec Adina Grigoriu, Présidente fondatrice.
Hala Najmeddine a débuté sa carrière dans le domaine académique. Sa thèse de doctorat, menée en collaboration avec EDF, portait l’élaboration d’un compteur intelligent capable d’analyser la consommation énergétique à travers des méthodes non intrusives appliquées au secteur tertiaire. Ce travail lui a permis d’avancer la recherche appliquée à la gestion énergétique.
Par la suite, elle a rejoint pendant cinq ans le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), où elle s’est spécialisée dans l’analyse non destructive des centrales nucléaires. Son rôle consistait à modéliser des signaux pour évaluer l’usure des infrastructures, en particulier dans les zones inaccessibles aux inspections physiques.
Une transition vers la finance grâce à l’IA
Après ces expériences en modélisation énergétique, un déménagement à Nice a marqué un tournant décisif. Hala a rejoint Active Asset Allocation, une entreprise spécialisée en ingénierie financière qui propose des solutions digitales pour les professionnels de l’épargne. Cette transition, bien que surprenante de prime abord, s’est révélée naturelle grâce à son expertise en modélisation et en prédiction. Elle a rapidement assimilé les concepts financiers et adapté ses compétences en IA à la gestion des actifs.
Un environnement familial propice à la science
Hala Najmeddine n’a pas choisi la voie scientifique au hasard. Issue d’une famille nombreuse, elle a été influencée par son père, ingénieur chez Thalès. Cet héritage familial a facilité son immersion dans les domaines techniques et scientifiques. Cependant, elle reconnaît que cela n’est pas donné à toutes les jeunes femmes qui souhaitent s’engager dans des carrières scientifiques.
D’ailleurs, elle se remémore ses années d’études où elles étaient largement minoritaires dans les cursus scientifiques. « Nous étions 50 garçons pour seulement trois filles », raconte-t-elle. Il a fallu faire preuve de persévérance pour se faire une place dans cet environnement.
L’IA : un outil transversal et adaptatif
Son expérience montre que les compétences en intelligence artificielle sont hautement transversales. Que ce soit dans l’énergie ou la finance, les techniques de modélisation et de prédiction restent similaires. Cette capacité à s’adapter est essentielle dans un monde où les technologies évoluent constamment. « Ce que nos études nous apprennent avant tout, c’est à apprendre », souligne-t-elle, en insistant sur l’importance de l’adaptabilité.
Hala Najmeddine encourage les jeunes filles à s’engager dans les carrières scientifiques. Elle estime que la vulgarisation de l’intelligence artificielle la rend plus accessible, y compris pour les non-initiés. « Il est crucial de démystifier l’IA pour permettre à davantage de femmes de s’y intéresser », conclut-elle.
Son parcours illustre parfaitement la manière dont la science et la technologie peuvent s’appliquer à des domaines variés, offrant ainsi de multiples opportunités d’évolution professionnelle.