Les dirigeants de PME rencontrent souvent les mêmes problématiques juridiques, financières, sociales ou stratégiques que les grandes organisations, sans disposer des mêmes ressources internes pour y répondre. Avec DIRIGEO, Jean-Bernard Thonus veut utiliser l’intelligence artificielle pour réduire cette asymétrie. Son ambition : créer un « bras droit stratégique » capable d’aider le dirigeant à comprendre une situation, identifier les risques et préparer ses décisions, sans se substituer à lui. Une proposition qui pose une question centrale : jusqu’où l’IA peut-elle entrer dans le processus de décision de l’entreprise ?

Pendant plusieurs années, l’intelligence artificielle en entreprise a surtout été envisagée comme un instrument de productivité. Elle écrit, synthétise, traduit, analyse des données, automatise des tâches ou produit du code.

Une autre étape s’ouvre désormais. L’IA commence progressivement à intervenir en amont de l’action, au moment où il faut comprendre une situation, comparer plusieurs scénarios et préparer une décision.

C’est précisément ce terrain que Jean-Bernard Thonus veut investir avec DIRIGEO. L’entrepreneur développe son projet autour d’une expression : faire de l’intelligence artificielle le « bras droit stratégique » du dirigeant.

Dans la définition proposée par DIRIGEO, une IA de gouvernance est un système destiné à aider un chef d’entreprise à analyser une situation, identifier ses risques, comprendre son environnement et structurer plusieurs options avant de décider.

Cette ambition part pourtant d’une réalité beaucoup moins technologique : la solitude du dirigeant.

Les dirigeants de PME face à la solitude de la décision

Jean-Bernard Thonus vient de l’entrepreneuriat. Au cours de notre entretien, il revient sur son parcours, ses études commerciales à Paris et à Oxford, ses expériences dans la gestion de patrimoine, puis dans la technologie, ainsi que sur ses responsabilités d’élu local. Mais c’est surtout son expérience de chef d’entreprise qui structure sa réflexion.

Avec ses associés Patrick Anschutz et Yann KERROS, il dit être parti d’un constat simple :

« À chaque fois qu’on a dirigé des entreprises de tailles différentes, quand on était dans de petites structures, systématiquement, on était confrontés aux problèmes des grandes. Mais on n’avait pas leurs moyens. DIRIGEO, c’est l’IA qu’on aurait aimé avoir dans ces moments »

Cette différence de moyens est fondamentale.

Une entreprise de dix salariés peut rencontrer un problème de ressources humaines, un conflit commercial, une interrogation fiscale ou une contrainte réglementaire dont la complexité n’est pas nécessairement proportionnelle à sa taille.

Jean-Bernard Thonus résume :

« Le chef d’entreprise d’une PME de dix ou d’un ETI de de 500 va être confronté à des problèmes RH, réglementaires, juridiques identiques. »

La différence tient à ce qui se passe ensuite.

Dans une grande organisation, le dirigeant peut transmettre le dossier à une direction fonctionnelle.

« Le patron, qui rencontre cette situation dans un ETI de 500 personnes, a son directeur général qui transmet a à sa direction juridique. Il lui dit : dans trois heures, j’ai besoin de votre analyse. »

Dans une petite entreprise, le dirigeant se retourne. Il n’a souvent ni direction juridique, ni directeur financier, ni DRH, ni équipe de consultants disponible en permanence. Et il doit tout de même décider.

La « bannette du soir », symbole de la charge invisible du dirigeant

Jean-Bernard Thonus utilise une expression particulièrement révélatrice : la « bannette du soir ».

Le dirigeant commence sa journée par ce qui fait fonctionner son entreprise. Il rencontre ses clients, accompagne ses salariés, répond aux fournisseurs, développe son activité, gère ses marchés.

Les autres problèmes s’accumulent, qu’il s’agisse d’un contrat, d’un litige, d’une question fiscale, d’un sujet RH, d’une nouvelle réglementation ou d’une décision de financement : ils ne disparaissent pas, ils attendent.

« Le patron d’une PME connait souvent un niveau élevé de “stress business” rattaché à sa direction d’entreprise et non pas à son métier », explique Jean-Bernard Thonus.

Les dossiers sont alors repoussés.

« Il les empile dans la bannette du soir ou du week-end », dit-il.

Puis vient cette formule très concrète :

« Quand arrive le soir ou le week-end, il sait qu’il a la bannette des « emmerdes » à traiter, sans avoir personne pour l’aider. »

Le vocabulaire est direct. Mais l’image est puissante.

Elle décrit une partie invisible du métier de dirigeant : une charge cognitive constituée de sujets périphériques au cœur de métier, mais dont les conséquences peuvent être considérables. C’est cette « bannette du soir » que DIRIGEO souhaite attaquer.

DIRIGEO veut développer une IA de gouvernance pour les PME

À partir de ce constat, Jean-Bernard Thonus et ses associés se sont posé une question. Et si l’intelligence artificielle pouvait fournir à un dirigeant de petite entreprise une partie de la capacité d’analyse dont disposent les grandes organisations ?

Il raconte ainsi la genèse du projet :

« On s’est dit : et si on créait la première IA de gouvernance française, c’est-à-dire celle qui va être le bras droit stratégique du dirigeant ? »

L’expression « première IA de gouvernance française » relève ici du positionnement revendiqué par DIRIGEO. Dans un marché où les assistants métier, copilotes décisionnels et systèmes agentiques se multiplient rapidement, une telle primauté reste difficile à établir indépendamment.

Mais le terme de « bras droit stratégique » permet de mieux comprendre la proposition.

L’objectif n’est pas uniquement de répondre à une question, il s’agit de structurer un problème.

« Au lieu de se dire : « comment je vais faire quand je vais être seul face à ça ? » le dirigeant va pouvoir soumettre son problème, comprendre ce qui lui arrive, avoir un plan d’action, avoir le contexte, les risques, les délais dans lesquels il faut qu’il prenne ses décisions. »

Cette phrase est probablement le cœur de DIRIGEO.

L’IA ne cherche plus seulement à exécuter. Elle intervient dans la phase préparatoire au jugement.

Une IA pour comprendre avant de consulter un expert. Jean-Bernard Thonus insiste cependant sur une distinction essentielle. DIRIGEO ne doit pas, selon lui, remplacer un avocat, un expert-comptable ou un spécialiste métier. L’IA intervient en amont.

Elle doit permettre au dirigeant de mieux comprendre son problème avant de demander une expertise humaine.

« Quand il va aller voir son conseil parce qu’il en a besoin, il va avoir besoin de la valeur ajoutée tout de suite de cette personne pour lui trouver des solutions et non pas lui expliquer la situation dans laquelle il est. »

La proposition économique est intéressante. Une partie du temps consacré à une consultation extérieure consiste en effet à qualifier le problème, collecter les informations utiles et remettre la situation dans son contexte.

DIRIGEO entend réduire cette phase. Jean-Bernard Thonus estime ainsi que l’utilisateur peut « économiser les 300 premiers euros de la consultation », parce qu’il arrive devant son conseil avec une première compréhension du dossier. Il ajoute :

« Dès que vous avez posé une question par rapport à une problématique de gouvernance pour laquelle vous avez une réponse structurée, vous avez déjà économisé la première consultation externe dont vous auriez eu besoin. »

Cette affirmation constitue une promesse de valeur portée par DIRIGEO. Son effet économique devra naturellement être évalué selon la complexité des situations et la qualité réelle des réponses.

Sur les sujets juridiques, fiscaux ou sociaux les plus sensibles, la responsabilité finale restera celle du dirigeant et des professionnels concernés.

Pourquoi une IA spécialisée plutôt que ChatGPT ?

L’existence d’outils généralistes extrêmement performants pose cependant une question évidente. Pourquoi un dirigeant utiliserait-il une IA spécialisée ?

Jean-Bernard Thonus identifie deux différences principales : le contexte et les données.

Une IA généraliste peut produire une réponse pertinente à une question générique. Mais une décision d’entreprise dépend souvent d’informations spécifiques à l’organisation.

« Si vous voulez avoir une pertinence d’analyse, il faut que vous y mettiez des données stratégiques de votre entreprise », souligne-t-il.

Contrats, statuts, informations financières, éléments RH ou documents fiscaux peuvent devenir nécessaires.

DIRIGEO veut donc construire une mémoire contextualisée de l’entreprise.

Cette évolution constitue un enjeu majeur des systèmes d’IA professionnels. Une IA générique sait beaucoup de choses sur les entreprises. Une IA contextualisée commence à savoir quelque chose sur cette entreprise précise.

Et c’est ce changement qui peut transformer la nature de l’aide à la décision.

Données, souveraineté et contextualisation de l’intelligence artificielle

Jean-Bernard Thonus indique que DIRIGEO s’appuie sur Mistral et sur une infrastructure déployée notamment chez OVHcloud.

« On l’a assise sur Mistral », explique-t-il.

La solution repose également, selon lui, sur un corpus métier propre et sur des prompts systèmes développés spécifiquement pour les cas d’usage de gouvernance.

Les documents des clients sont hébergés dans des espaces individualisés.

« Ils stockent leurs documents dans des coffres-forts numériques que l’on ouvre à leur nom. »

L’objectif est de permettre au système d’utiliser ces informations comme contexte.

Jean-Bernard Thonus insiste particulièrement sur la confidentialité :

« Les données stratégiques que vous me donnez ne vont pas partir chez vos voisins, chez vos concurrents. »

DIRIGEO revendique ainsi une approche souveraine et sécurisée.

Cette dimension mérite cependant d’être traitée avec précision.

La souveraineté numérique ne se résume jamais à la nationalité d’un modèle ou à la localisation d’un serveur. Elle dépend également des sous-traitants, des contrats, des flux de données, des dépendances technologiques et des juridictions susceptibles de s’appliquer.

Pour une IA destinée à manipuler des informations stratégiques, la confiance devra donc être démontrée autant que revendiquée.

Quels cas d’usage pour une IA destinée aux dirigeants ?

Les exemples présentés par Jean-Bernard Thonus montrent l’étendue de l’ambition. Il évoque notamment des entreprises confrontées à des problématiques sociales, réglementaires, commerciales ou internationales.

Un cas concernait des professionnels qui importent du bois depuis le Vietnam.

« On a des cas d’usage sur des gens qui importent du bois du Vietnam qui nous ont demandé comment faire avec les transitaires, avec l’Union européenne, pour faire venir ce bois-là. »

Un autre concernait une entreprise coréenne souhaitant introduire ses produits cosmétiques en France.

« Une société coréenne est venue nous voir en nous disant : “Je veux implanter ma gamme de cosmétiques en France, mais je ne sais pas comment faire.” »

Selon Jean-Bernard Thonus, DIRIGEO a alors travaillé sur plusieurs dimensions : produit, distribution, implantation commerciale, filiale et scénarios fiscaux.

Il résume la portée qu’il souhaite donner à son outil en une formule ambitieuse :

« On a un outil aujourd’hui qui est une véritable direction générale pour quelqu’un qui est tout seul dans son entreprise. »

C’est aussi l’un des points qui soulèvent le plus de questions. Plus un outil prétend couvrir de domaines différents, plus le contrôle de la fiabilité devient complexe.

Le défi ne sera donc pas uniquement de fournir une réponse. Il sera de savoir quand la réponse est suffisamment robuste pour éclairer une décision, et quand le système doit explicitement reconnaître ses limites.

Une IA agentique qui ne veut pas remplacer le chef d’entreprise

DIRIGEO utilise des mécanismes agentiques dans son architecture.

Jean-Bernard Thonus évoque notamment « un prompt système agentique » destiné à couvrir différents domaines de gouvernance.

Mais il refuse de positionner son entreprise comme un simple fournisseur d’agents autonomes.

« On ne développe pas l’agent. Nous, on développe une IA qui ne remplace pas le chef d’entreprise. »

Cette distinction mérite attention.

Une grande partie du marché actuel cherche à automatiser l’exécution : répondre aux courriels, traiter des appels, prospecter, générer des documents ou déclencher des processus.

DIRIGEO affirme vouloir intervenir ailleurs, non pas principalement dans l’exécution, mais dans le raisonnement qui la précède. C’est là que le sujet devient beaucoup plus sensible. Car une IA qui exécute peut être contrôlée par son résultat.

Une IA qui influence le raisonnement agit plus tôt, parfois avant même que le dirigeant ait réellement formulé sa propre analyse.

Le Cercle 4S : remettre l’intelligence humaine autour de l’intelligence artificielle

Le projet comporte une autre dimension qui, à mon sens, constitue l’un de ses éléments les plus intéressants. DIRIGEO veut associer son IA à un réseau de chefs d’entreprise. Jean-Bernard Thonus explique que les abonnés doivent pouvoir être mis en relation entre eux afin de partager expériences, difficultés et solutions.

Il résume cette philosophie par une phrase particulièrement forte :

« L’idée, c’est de partager de l’intelligence humaine, en plus de partager l’intelligence artificielle. »

C’est probablement ici que la proposition dépasse le simple produit numérique.

Dans un monde où les mêmes grands modèles deviennent progressivement accessibles à toutes les entreprises, la différenciation pourrait moins dépendre de l’IA elle-même que de ce qui l’entoure : expertise, données propriétaires, communauté, confiance et méthodes.

Jean-Bernard Thonus insiste :

« On maintient l’humain au centre de tout ça. »

Puis il formule l’ambition de DIRIGEO :

« Les gens qui, aujourd’hui, dirigent seuls ne dirigeront plus seuls demain. Ils seront augmentés et accompagnés. »

Cette phrase touche à une question bien plus large que celle de la technologie. Elle concerne l’isolement du dirigeant.

Un modèle commercial fondé sur la confiance et le pair-à-pair

Cette volonté de préserver une relation humaine apparaît également dans le modèle de distribution.

Jean-Bernard Thonus ne veut pas vendre exclusivement DIRIGEO par Internet.

« Nous commercialisons DIRIGEO par des mandataires exclusifs, territoire par territoire, qui sont des chefs d’entreprise à réseau, qui irriguent de pair à pair. »

Il rapproche cette organisation de certains réseaux développés dans l’immobilier.

Le paradoxe est intéressant.

Une entreprise qui commercialise une intelligence artificielle choisit de s’appuyer sur un réseau humain pour la diffuser.

Mais ce choix correspond à la nature même du produit.

Une solution qui intervient dans des problématiques stratégiques doit créer de la confiance.

Le sujet n’est plus simplement d’acheter un logiciel.

Il s’agit de décider si l’on accepte qu’un système numérique entre dans une partie intime du fonctionnement de son entreprise.

DIRIGEO veut aussi travailler sur la sobriété de l’IA

Jean-Bernard Thonus évoque également une future évolution technique de DIRIGEO.

Il annonce une architecture « auto-hébergée dans une proportion de plus de 80 % des réponses ». Selon lui :

« Dans 80 % des réponses, elle n’utilisera pas de tokens. »

L’objectif annoncé est double : maîtriser les coûts et réduire la consommation énergétique. Jean-Bernard Thonus estime que tous les problèmes ne nécessitent pas d’interroger systématiquement des modèles lourds. L’intuition est pertinente. Une architecture capable d’orienter chaque requête vers le niveau de calcul réellement nécessaire constitue probablement l’une des pistes majeures pour améliorer l’efficacité économique et environnementale des systèmes d’IA.

Le chiffre de 80 % reste néanmoins à considérer comme un objectif annoncé par DIRIGEO. Il devra être démontré en conditions réelles, tout comme les gains énergétiques associés.

Une IA de gouvernance peut-elle s’internationaliser ?

Jean-Bernard Thonus envisage enfin une expansion hors de France. Mais il ne souhaite pas simplement traduire la solution française.

« Ce n’est pas de demander aux personnes en Espagne de prendre une IA française, c’est de leur développer une IA souveraine espagnole. »

Le projet consisterait donc à construire progressivement des implantations locales adaptées à chaque écosystème. Cette approche est cohérente avec une IA de gouvernance. Les décisions d’entreprise sont profondément liées au droit, à la fiscalité, aux pratiques sociales et à l’environnement économique du pays concerné.

Jean-Bernard Thonus se montre d’ailleurs prudent sur le rythme de cette internationalisation. Il explique vouloir choisir des marchés suffisamment matures, trouver des partenaires locaux et déployer progressivement le modèle plutôt que chercher une présence internationale pour elle-même. Cette prudence sera nécessaire. Car si la technologie peut être répliquée relativement vite, le contexte institutionnel et culturel, lui, ne l’est pas.

De l’IA qui produit à l’IA qui influence la décision

DIRIGEO reste une entreprise jeune. Son modèle économique devra être éprouvé, la qualité des réponses devra être évaluée et plusieurs promesses techniques devront être confrontées aux usages réels.

Mais la proposition de Jean-Bernard Thonus mérite attention parce qu’elle révèle un changement plus général.

Nous sommes progressivement en train de passer de l’IA qui produit à l’IA qui conseille.

Et cette transition change la nature du problème. Un outil qui rédige un courriel peut être corrigé. Un système qui aide un dirigeant à déterminer les options possibles intervient beaucoup plus profondément dans son raisonnement.

C’est ici que se trouve le véritable enjeu de l’IA décisionnelle.

Un dirigeant peut-il réellement rester maître de son jugement lorsqu’un système connaît progressivement ses contrats, ses données, son organisation, ses problèmes et son historique ?

Une recommandation algorithmique présentée de manière structurée et convaincante peut créer un biais d’automatisation. Le dirigeant peut lui attribuer davantage de crédibilité simplement parce qu’elle apparaît cohérente, documentée et rapide.

La qualité d’une IA de gouvernance ne devra donc pas être mesurée uniquement par sa capacité à fournir des réponses. Elle devra aussi être évaluée sur sa capacité à signaler l’incertitude, présenter des options contradictoires, rendre visibles ses limites et encourager la contestation de ses propres conclusions.

Car la gouvernance ne consiste pas à disposer d’une seule bonne réponse. Elle consiste souvent à arbitrer entre plusieurs décisions imparfaites. C’est ici que la responsabilité humaine redevient centrale.

Jean-Bernard Thonus affirme clairement :

« On développe une IA qui ne remplace pas le chef d’entreprise. »

Cette phrase devra constituer plus qu’un principe de communication. Elle devra devenir un principe de conception. L’enjeu de demain ne sera probablement pas de déterminer si les dirigeants utiliseront l’intelligence artificielle pour décider. Il sera probablement plus seulement de déterminer si les dirigeants utiliseront l’intelligence artificielle pour éclairer leurs décisions, mais jusqu’où ils accepteront de l’intégrer dans leur processus de raisonnement.

La véritable question sera alors de savoir comment ils conserveront leur autonomie intellectuelle lorsqu’ils travailleront quotidiennement avec des systèmes capables de structurer une partie de leur analyse.

DIRIGEO part d’une ambition : faire en sorte que ceux qui « dirigent seuls » ne soient plus seuls.

La proposition est séduisante. Mais elle ouvre immédiatement une question plus exigeante.

Lorsque l’intelligence artificielle devient le bras droit du dirigeant, comment s’assurer qu’elle ne devienne jamais, progressivement et presque imperceptiblement, celle qui oriente sa main ?